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Levée des quotas sur le sucre : un défi pour les betteraviers !

A partir du 1er octobre 2017, les quotas sucre mis en place par l’Union européenne disparaissent. Leur suppression suscite des inquiétudes. Dans la mesure où ces quotas assuraient aux betteraviers français et européens un prix minimum pour l’écoulement de leur production, ce contingentement avait de quoi rassurer ! La fin de ce système suscite des interrogations : pour les betteraviers, un nouveau défi commence.

Pourquoi l’Union européenne met-elle fin aux quotas sucre ?

Mis en place par la PAC (Politique agricole commune) en 1968, les quotas sucriers ont surtout permis aux Etats membres de l’Union européenne, producteurs de sucre, de développer la culture de la betterave sucrière. Aujourd’hui, l’UE affiche de bonnes performances et se positionne à la 3e place au niveau mondial en matière de production sucrière. Selon la Commission européenne, ces résultats pourraient encore être supérieurs !

Dans ce classement, la France occupe une bonne place. Elle est le premier producteur de sucre au niveau européen, devant l’Allemagne.

Face à ces bons résultats, pourquoi Bruxelles a-t-elle décidé d’abolir les quotas ? La logique qui prévaut est celle de la libéralisation. Selon la Commission européenne, la fin des quotas de sucre permettra aux producteurs de betteraves européens de toucher de nouveaux marchés pour écouler leur production. En effet, Bruxelles estime que :

  • la production de sucre au niveau européen est inférieure à la consommation du produit sur le continent,
  • la demande mondiale en sucre est en hausse et de nouveaux marchés, notamment dans les pays en développement, vont s’ouvrir.

Pour le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, la fin des quotas sur le sucre aura des effets positifs pour la production de betteraves en Europe. Par ailleurs, il assure que cette abolition des quotas a soigneusement été préparée en amont. Cela permettra de limiter les risques.

Face à la levée des quotas, les craintes des betteraviers français sont réelles

En France et en Europe, la fin des quotas laitiers, qui a provoqué une crise importante pour la filière, est un précédent qui suscite l’inquiétude chez les producteurs de betteraves. Ces betteraviers, majoritairement représentés par un seul syndicat, la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves), se préparent à devoir adapter leur production. Les réticences sont nombreuses.

De nombreux acteurs de la filière estiment qu’ils devront augmenter d’au moins 20 % leur production pour devenir compétitif au niveau mondial et conquérir les marchés émergents. Ils s’inquiètent notamment du réveil du Brésil, champion de la production de sucre au niveau mondial. En effet, la baisse de la production brésilienne, due à de mauvaises conditions climatiques et au phénomène El Niño, explique en partie la hausse des prix au niveau mondial. Pour les producteurs européens, le réveil du géant d’Amérique du sud mettra sûrement un terme à la hausse des cours mondiaux du prix du sucre.

Pour se préparer à la fin des quotas, les négociations entre les producteurs de betteraves et les industriels ont déjà commencé. Les premiers exigent que les seconds continuent à leur verser 44% du prix du sucre (les sucriers se versent les 56% restant). Atout de taille pour les producteurs de betterave : leur filière est organisée et représentée par un seul et unique syndicat, la CGB. Ce facteur devrait faciliter les négociations et permettre aux producteurs d’avoir plus de poids face aux industriels, en vue de maintenir le prix de vente du sucre.

Pour autant, avec la fin des quotas, les producteurs se préparent à devoir modifier leurs habitudes, c’est-à-dire à fournir davantage d’efforts en matière de rationalisation et de concentration de leurs installations. La fin des quotas sucriers entraînera très probablement une augmentation de la production de betterave.